Rosas danzt Rosas.

Rosas danzt Rosas.
J'ai ouvert ma fenêtre sur le froid mordant de Paris la nuit. Je venais de passer une soirée gorgée d'émotions, c'était ouvrir ma boîte à pensées, y laisser s'infiltrer ce vent sifflant, le sentir s'immiscer entre tous mes doutes, mes espoirs, mes peurs, les envelopper d'une robe de glace, les remuer dans tous les sens, puis le sentir s'enfuir comme il était venu.
Tout était calme. En face, trois ou quatre fenêtres allumées sur des intérieurs douillets, des canapés où l'on voudrait se blottir et des couloirs dont on ne verra jamais le bout. Sur les balcons, devant des volets déjà fermés, je pouvais voir les ombres dansantes des plantes vertes chatouillées par l'air du soir.


Dans ce taxi que j'avais attrapé place du Châtelet, je me suis laissée happer par la ville. Nous avons traversé la Seine verte éclairée, ondulante sous un ciel profondément noir, et les ruelles animées, les vitrines aux fantômes immobiles, les grands boulevards où la vie ralentit au fil des heures. Aucun son ne rentrait dans la voiture, je regardais un film muet, le film d'une nuit parisienne ordinaire, aux mille lumières, aux amoureux pressés, aux cafés bondés devant lesquels des fumeurs agglutinés parlaient en agitant les mains, dispersant des fumées nonchalantes qui se perdaient dans la nuit.
Je suis descendue et j'ai poussé la lourde porte de mon immeuble. Cage d'escalier au silence de mort, mon imagination déborde, j'imagine les familles derrière les portes à tous les étages. Au premier, le médecin à la retraite qui lit dans son gros fauteuil, au second, cette très vieille dame qui grelotte sans cesse, sans doute recroquevillée dans un lit bien chaud, au troisième, les bobos à l'intérieur original et chiné, au quatrième une famille recomposée bruyante du soir au matin, au cinquième, la collocation d'étudiants étrangers, musique cosmopolite et fous rires. J'ai enlevé mes chaussures et les talons qui claquent, je fais l'ascension de ce petit monde, sur la pointe des pieds.


On n'imagine pas que le soir Paris s'éteint. J'ai un peu froid, accoudée à ma fenêtre, minuit, dans le vent du presque-hiver. Mais ce calme, si inhabituel, m'enveloppe. Quand on débarque à 17 ans toute seule dans le grand Paris, le bruit devient un réconfort. Le réveil sonne, on allume la radio, Nicolas Demoran comme premier ami du matin. Le soir, c'est "Sur la route", on s'y croirait presque. La chambre noyée de lumière et de voix, pour tromper la solitude, l'ennui, la peur parfois.
Mais ce soir, le silence m'avale, m'attire, j'ai le sentiment de percevoir mieux que jamais les secrets de cette ville. Mon oreille s'habitue et au loin je perçois la vie qui continue : une sirène d'ambulance, un coup de klaxon, un aboiement, des talons qui frappent, réguliers, sur un trottoir, et une rumeur moins distincte, des voix mêlées au murmure de la circulation ininterrompue.

Je ne sais pas si c'est le froid, le sommeil, la mélancolie des journées intenses, peut-être les trois, mais Paris la nuit me fait me sentir différente, pleine d'espoir. Cette si grande ville, ce centre d'un monde à part, quelle source d'inspiration, de création... Toutes ces vies qui fourmillent, ces pensées qui s'entremêlent, ces projets, ces envies, ces désirs qui foisonnent ! J'ai l'impression que rien n'est impossible. Et comme les chaînes des obligations quotidiennes semblent faciles à rompre, tout d'un coup.
Pour la première fois depuis deux mois, je ne me sens pas vulnérable. Il y a comme une évidence dans tout cela, celle qu'ici, je saurai trouver ce qui me manque. Dans ce flot d'existences à la dérive, des rencontres, des promesses vont naître.
Comme si tout était à nos pieds, et qu'il nous appartenait entièrement de modeler notre propre réalité.
En face, la dernière fenêtre vient de s'éteindre. Au dessus des toits, baignés dans une lumière pâle, la lune, premier quartier, étincelle seule dans un ciel de velours noir.
Lentement, sans briser cet instant, je referme la fenêtre.

Et, rideau.

# Posté le mercredi 25 novembre 2009 16:30

Après le beau temps, la pluie. Ou comment prendre son envol et finir à pleurer dans son lit à minuit avec une tasse de chocolat chaud en regardant Clara Sheller.

Après le beau temps, la pluie. Ou comment prendre son envol et finir à pleurer dans son lit à minuit avec une tasse de chocolat chaud en regardant Clara Sheller.
Au début, on a des rêves. Des pensées vagues, un peu abstraites, dont on serait presque incapable de parler mais qu'on sent toujours être là, cachées dans un petit coin de notre tête. Elles attendent. Un concours de circonstances, un coup de pouce du hasard, un évènement décisif. Quelque chose qui, à l'heure venue, fera doucement craquer leur coquille et les laissera s'épanouir et prendre une forme plus nette. Et leur présence, presque arrogante, brûlante, devient alors impossible à ignorer.
J'ai du mal à me souvenir. Est-ce un matin, au réveil, que tout ça m'est apparu comme une évidence ? Cela me semble trop simple. J'imagine plutôt une progression lente, sournoise, des signes que je me serais entêtée à rejeter, à chasser pour un instant, puis pour des semaines, des mois. Peut-être des années.
Toujours est-il qu'un jour, c'est arrivé. Comme si tout le reste n'avait été qu'un interminable prologue, l'introduction pompeuse d'un écrivain trop bavard, un début qui n'en finit pas, avec une fin indéfinie et trop floue pour qu'on ose se lancer dans l'histoire, la vraie.
C'est étrange, quelque part, de réaliser à quel point on peut se mentir à soi-même. Avec un peu de persévérance et un emploi du temps chargé, il est aisé de gommer les contours des choses dérangeantes. Et ce petit mensonge qu'on crée de toutes pièces devient une réalité personnelle, un semblant dessiné sur mesure, un peu comme un masque qu'on enfilerait pour sortir de chez soi et qu'on oublierait d'enlever, au fil du temps.
L'auto-persuasion, c'est un remède sûr. Après tout, qui mieux que nous-même est capable de savoir (ou de faire comme s'il savait) ce qu'on ressent vraiment ? Il suffit de choisir le décor, et peu à peu les marionnettes s'agitent, se libèrent de leurs fils. On construit des choses, et à la fin, peu importe de quelles cendres elles sont nées. Si c'est d'un mensonge, tant pis, on l'oubliera vite.
Le problème, c'est quand on commence à entraîner l'extérieur dans le tourbillon. Les gens qu'on aime, les repères du quotidien, les croyances. Toutes ces évidences acquises, et qui vacillent soudain avec vous.
Il y a donc un rêve. Et le jour où, sans raison, on l'affirme, on commence à y croire un peu. Très vite, d'ailleurs, on y croit beaucoup. Et moins les autres y croient, plus on a confiance, plus on ajoute à l'objectif premier la volonté de convaincre, de faire ses preuves, de se construire tout seul.
C'est ce qu'on fait. Car quand on s'abandonne à la réalisation d'un rêve, il est difficile de faire autre chose qu'un voyage en solo. Et si parfois on croit être compris, on s'aperçoit bien vite que si la victoire peut-être collective, l'échec, lui, est entièrement personnel. Parler d'un échec, c'est prendre le risque des discours pré-faits, des phrases banales, qui piétinent les rêves, les rendent misérables.
Et puis soudain, sans vraiment s'y attendre, on jette un coup d'½il de côté et on y voit quelqu'un qui lui, mieux que tous les autres, au delà des règles du jeu et des crédos, semble capable de comprendre. Et plus que jamais on souhaite qu'il reste.
Le temps passe, ou plutôt court, et les chapitres suivent le prologue et défilent à toute allure. La réalité donne du sens aux lieux, aux objets, aux dates. On compte les jours, les jours de bonheur, les jours « depuis », les jours « jusqu'à ». Comme si chaque petite croix sur un calendrier était un pied de nez au quotidien menaçant un retour à la morosité. Et on annonce les chiffres, comme les résultats du loto, mais un loto des biens périssables, fragiles. Avec une certaine fierté.
Un jour, on se réveille la boule au ventre. On cherche son nom sur une liste, et à ce moment, on serait incapable de dire si on a même envie d'y être. Le rêve s'est transformé en enjeu, et s'il s'éteint, tout s'écroule. On trouve son nom. Et tout s'écroule. Le rêve est devenue réalité, et la réalité, elle, est plus risquée. Quand ce dont on rêve n'existe pas encore, impossible de le perdre. Mais quand il existe, vrai, tangible, l'effroi succède à la joie. Et la peur au plaisir infini de donner un sens à toutes ces heures d'espoirs et de combat.
A ce moment-là, on chasse cette peur en se disant qu'il est là. On se dit même que rien ne compte, sinon ça. Et on y croit.
On y croit très fort jusqu'à ce que tout s'effondre. Et même quand on a compris le poids des mots, on y croit encore. C'est ça, le pire. C'est qu'on a beau savoir, entendre, comprendre ce qui se passe, cette petite voix irrationnelle et tellement persévérante s'obstine à crier dans votre esprit « Rien n'est perdu, accroche-toi ». Et comme dans toutes les courses après nos rêves les plus fous, on s'accroche. On se fiche des vents contraires, des réalités criantes, des faits avérés, on fonce droit dans le mur. Peut-être parce que se heurter à un mur, c'est sans doute moins pire que de sentir le froid glacial de ce grand vide qu'il a laissé.
Et c'est comme ça que j'ai décidé de me faire violence et de croire que j'avais une chance d'intégrer Sciences Po, que j'ai fichu en l'air un an de bonheur, que je suis re-tombée amoureuse de quelqu'un sans qui je n'ai plus le sentiment d'exister, que j'ai pleuré comme jamais devant La Couture, que j'ai tout fait pour être la plus utile possible, que j'ai entendu les plus beaux mots du monde, que j'ai trouvé mon nom sur la liste des lauréats du bac un joli matin de juillet, que j'ai passé des nuits où on oublie le monde entier, que j'ai fait mes adieux au lycée, que j'ai débarqué rue de Grenelle, Paris, 7e arrondissement, avec tous mes cartons et mes photos, que j'ai aimé Julien et Didier (surtout Julien), que j'ai fait ma rentrée au 27 rue Saint Guillaume en tenant la main de ma meilleure amie, que j'ai perdu mon amoureux, qui comptait tellement plus que tout le reste, que j'ai vomi les promesses et les projets qui n'existent plus, que je suis devenue somnambule, que j'ai appris à faire la vaisselle, et la solitude dans 10m² au sixième étage, que j'ai pris goût à cette première image du matin, les toits de Paris à perte de vue, que j'ai vu Vincent Elbaz, Sonia Rykiel, Richard Bohringer et d'autres fouler le même trottoir que moi, que j'ai découvert les jardins du Luxembourg au réveil de la ville, Saint Sulpice sous le soleil de midi, les Parisiens râleurs, mal embouchés, les Parisiens inventifs, souriants, passionnants, que j'ai appris l'humiliation pédagogique, le « viol intellectuel », la portée des égos sur-dimensionnés, que j'ai pris l'habitude de baver devant les boutiques de luxe, de bavarder sans m'arrêter avec ma concierge que je soupçonne de s'appeler Renée et d'être une intellectuelle inavouée, que j'ai pris mes marques et reconstruit un petit monde ailleurs, que j'ai quadrillé Saint Germain des Prés, que j'ai fait barrage au sentiment de solitude, que j'ai commencé à entretenir une plante verte et un cactus, que j'ai soudain envisagé la possibilité qu'un pigeon fasse irruption chez moi, que j'ai apprivoisé les bruits inhabituels et aimé le bercement sourd du métro, que j'ai d'ores et déjà nourri une haine profonde contre la RATP, les caniveaux humides, les automobilistes parisiens, les lignes de bus, que j'ai monumentalement raté mon tout premier exposé, et que j'ai, de par le fait, fini dans mon lit, avec un chocolat chaud, à regarder Clara Sheller, en pleurant, hier soir à minuit.
Bonsoir, Paris.

# Posté le vendredi 02 octobre 2009 17:44

Clotilde si tu passes par là, sache que tu me manques.

Clotilde si tu passes par là, sache que tu me manques.
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Always keep in mind that life is a great thing, everything hard has its positive side, don't be stuck in the every day reality, allow yourself to dream, have faith in your wildest dreams.
AaRON.



# Posté le mercredi 31 décembre 2008 06:02

" La conscience de soi peut-elle être un obstacle au bonheur ? "

" La conscience de soi peut-elle être un obstacle au bonheur ? "
Presque deux mois que je suis absente d'ici. Dire que j'ai manqué de temps serait à la fois la rengaine la plus représentative de mon quotidien et en même temps un petit mensonge. Le temps n'aurait pas suffit à me faire cracher ici ces mots que j'avais fini par laisser s'accumuler là, un peu comme des déchets de la réalité, des moments brefs, intenses, que j'avais dû juger plus utiles ici qu'ailleurs.
C'était devenu difficile, presque douloureux, de venir là et de voir que la page restait blanche et de me dire que, finalement, c'était futile, idiot, presque ridicule, de vouloir raconter des instants dénués de sens autant pour ceux qui lisent que pour moi qui écrivait. Alors je ne suis plus venue, j'ai laissé tomber ce qui avait été pourtant un morceau de fierté, peut-être un échappatoire de temps en temps aussi.
Pourquoi ce soir ? J'ai l'impression d'être à un tournant. Pendant longtemps j'ai regardé au loin, j'ai fixé le virage qui n'arrivait jamais, et rester sur cette infinie ligne droite m'avait confortée dans l'idée que les virages ne peuvent pas arriver par hasard. J'ai longtemps eu envie de faire confiance au hasard. C'est marrant comme on peut croire qu'on est pas obligés d'être acteurs de notre propre vie. Qui d'autre ?
Ce serait faux de dire que quelque chose de spécial est arrivé depuis ce dernier article, le 19 Octobre si j'ai bien lu, même si bien entendu toutes les journées depuis m'ont donné matière à vivre et à penser. Je n'ai jamais su définir et différencier le spécial du commun, tant des quantités de choses insignifiantes m'ont bouleversée tandis que des événements majeurs m'ont laissée de glace. Tout doit être une question d'appréciation.
Depuis le 19 Octobre, je crois avoir un peu changé. Pas de ces changements visibles qu'on appréhende d'emblée, plutôt un de ces infimes chamboulements que seuls ceux qui vous connaissent bien ou n'ont pas vu votre visage depuis longtemps sont capables de déceler. J'ai reçu des claques monumentales depuis deux mois. De celles qui poussent à se demander si les seules choses en lesquelles on croyait dur comme fer sont celles qu'il faut préserver à tout prix, de celles qui donnent en vie de jeter tout par la fenêtre, à la suite de ce qui s'est envolé sans prévenir. Ca faisait très longtemps que je n'avais pas été aussi malheureuse. Et aussi seule au milieu de tous ces gens. C'est peut-être ça, le pire, d'être si bien entouré et d'arriver pourtant à se persuader qu'on est plus seul que jamais. C'est nous-mêmes qui finissons par devenir notre plus cruel bourreau. Si j'ai toujours su être indulgente avec tous ceux que j'aime, jamais je n'ai appris à me ménager. A me pardonner. Au fond, c'est sans doute toute seule que j'ai tout fichu en l'air. Mais ce soir j'arrive à me dire tant mieux. Il faut parfois ce genre de renversement pour gagner en force et en confiance.
Depuis le 19 Octobre, si j'ai pleuré assez pour remplir plusieurs baignoires de larmes, si j'ai plus que jamais été en colère, révoltée contre à peu près tout et surtout contre moi, si j'ai cru que tout était vide de sens et que j'ai frissonné souvent d'avoir des pensées terrifiantes, j'ai aussi construit. Détruit, puis construit, mais pas toute seule.
Il y a eu ce monsieur au regard doux, à qui j'ai parlé à reculons, par bribes, refusant d'abord son aide, ses mots que je trouvais fades, que je soupçonnais préfabriqués et illusoires. Jusqu'à accepter qu'il y a sans doute ici des adultes qui se cherchent, qui doivent avoir peur, se sentir froids et vides au lever le matin et qui trouvent à leur façon un geste à accomplir pour donner du sens à leur existence. J'ai toujours préféré croire que parler des choses importantes était une perte de temps. « Pourquoi une perte de temps ? Parce que ça ne te fait pas de bien ou parce que tu crois que ça ne me fait pas de bien à moi ? ». Et si parler dans l'oreille de quelqu'un pouvait l'aider lui aussi. J'ai laissé tomber ce stupide barrage et j'ai tremblé, pleuré, serré les poings et j'ai décidé de nous faire du bien. A moi qui parle et lui qui écoute.
J'ai appris à me tromper sur les gens. A faire du mal en bien et du bien en mal. Je me suis attachée à des gens que je n'aimais pas, j'ai abandonné ceux que je croyais vrais mais qui n'ont pas su être là. C'est peut-être ça, grandir. Cesser de se bercer d'illusions. C'est tellement plus facile de croire qu'on est protégés, quoi qu'il arrive. Et de se dire que ce qui arrive, n'arrive qu'aux autres. « Se prendre par la main ». J'ai finalement compris le sens de cette expression. Il est des moments où les autres ne peuvent rien et où nous seuls pouvons décider de changer le cours des choses. C'est probablement peu convaincant, relativement niais et faiblement artistique mais la vie n'est pas une ½uvre d'art. En tout cas pas la mienne. Chez moi les pinceaux sont secs, usés, dégarnis. Mais je m'en fous. Parce que plus je les trempe dans l'eau sale, plus je mélange mes couleurs, plus je sens que quoique je fasse, je le ferai du mieux possible.
Je me suis toujours demandé pourquoi on se comparait sans cesse aux autres. L'unicité, ne devrait-elle pas être notre plus grande valeur ? Jamais nous ne serons autre, et c'est la meilleur chose qui puisse nous arriver.

Ce matin, sur la route du lycée, j'ai vu un corps par terre. Une voiture, des sirènes d'ambulance, et ces trois pompiers penchés sur celui qu'ils avaient déjà recouvert d'une couverture blanche. Comme une grande tâche lumineuse sur le sol noir. Autour, tout était calme. Comme s'il eut été indécent de s'arrêter, de tourner la tête. Voir mourir quelqu'un qu'on ne connait pas, c'est un peu du voyeurisme, semblait-on dire. C'était le vide de quelqu'un d'autre, pas le notre. Et pourtant j'ai essayé de me concentrer sur le froid qui me mordait les jambes, sur la radio qui chuchotait, les lampadaires et leur lumière crue, le mouvement de la voiture, mais c'est resté là. J'avais l'impression que c'était mon vide.
C'était peut-être ça, mon virage. Le hasard d'un autre.
Il était 7h39 et je n'ai jamais été aussi heureuse d'avoir froid. Mes mains glacées mais vivantes.

# Posté le mardi 09 décembre 2008 14:54

Coldplay - Lovers in Japan/Reign of Love

Coldplay - Lovers in Japan/Reign of Love

# Posté le dimanche 19 octobre 2008 10:01