« Et j'attends oui j'attends que prenne le feu qui dévore le ventre. Il paraît. Que l'on rit que l'on danse que l'on pleure. Pour rien d'autre que le pur bonheur il paraît. Est ce toi ? Est ce bien toi ? »
J'aime bien les métaphores. Imagine deux jardins, séparés par une haie. Pas très haute. La haie, c'est mon blog. Ma vie, mes histoires, moi, on est dans le jardin de droite. Toi, t'es dans le jardin de gauche. C'est Dimanche après-midi, il faut beau, je bricole dans mon jardin. Toi, tu t'emmerdes, et comme t'es un peu curieux, comme d'habitude, tu jettes des p'tits coups d'oeils de l'autre côté de la haie et tu m'observes en train de tailler mes rosiers. Discrètement. Et puis j'me coupe avec mon sécateur. Et là, t'es bloqué. Parce que si tu sautes la haie et que t'arrives pour m'aider, je saurai que tu m'espionnes quand j'suis dans mon jardin. Et si tu m'aides pas, tu t'en voudras, parce que t'auras tout vu.
Tu vois, si t'avais pris l'habitude de me sourire, de me parler à travers la haie. Si tu te cachais pas, on transformerait le voyeurisme en relation positive de voisinage.
Le but de la métaphore, là, c'était , au lieu de regarder par dessus la haie d'mon blog et de refermer la fenêtre discrètement quand tu as fini, après avoir lu, laisse moi un petit mot. Un sourire. Un ' Bonjour je m'appelle Josette Martin, je suis votre voisine ' . Ou autre chose.
Instaurons une relation positive de voisinage.
Tu vois ?
Dans une ville un peu triste, au ciel gris et aux amis absents. Sans la mer à 25°C, le soleil, les italiens anglais allemands hollandais espagnols et leur charabia dans les rues colorées d'Antibes. La tête, les yeux, les oreilles encore pleines de tout ça. Et puis retrouver mon piano. Supplier Maman à 23h30 de jouer juste un morceau rien qu'un morceau. " Tu peux bien attendre encore une nuit ". Alors se jeter dessus dès 10h le lendemain. Faire le tri dans les dizaines de conneries arrivées sur Facebook. Retrouver pastels, aquarelles, fusain et me faire engueuler parce qu'à peine rentrée, j'ai déjà foutu d'la colle partout sur le parquet d'ma chambre. Téléphoner à Papy, le voir débarquer dans l'heure. Assomer Clotilde de textos, BroadstairsJ-16. Regarder toutes les photos, encore et encore. Ecrire des pages et des pages pour ne rien oublier. Déchirer des pages et des pages. Se replonger dans les cours d'Anglais. Appeler Charlotte après un mois d'absence, pleurer beaucoup, rire encore plus, s'apercevoir que rien n'a changé. Se coucher à pas d'heure. Marguerite Duras Pluie d'été.
Anne Laurette fait sa valise, dresse des listes à tout va, empile des dizaines de livres à emporter, essaie des maillots de bain, se balade avec un chapeau toute la journée, pense à sa Giggling and Gossiping Twin, écrit des pages et des pages, s'endort avec ses écouteurs, se passe Ludovico Einaudi en boucle, négocie pour emmener six paires de chaussures, s'assied au piano quinze fois dans la journée, écrit des lettres qui ne partiront jamais, chante en anglais, envoie des dizaines de texto à Francesco, regarde des niaiseries sur FaceBook, fait des tonnes de photos inutilisables, rêve à Broadstairs II, range sa chambre, retrouve des souvenirs dans tous les coins, invente un dialecte avec Siboulette, fait sa fête à son mononoyau. J'en passe et des meilleures. Chasse les souvenirs et les envies. Passe à autre chose.